2026
Justice pour Wilson!
Avec Wilson A. devant la Cour européenne des droits humains
Aperçu du projet
Wilson A. est survivant d’un contrôle policier brutal et raciste, survenu le 19 octobre 2009 à Zurich. Son cas illustre de manière exemplaire le racisme institutionnel au sein de la police et de la justice suisses. Le recours à la Cour européenne des droits humains est indispensable pour obtenir justice et ouvrir la voie à une sanction claire des futurs cas de contrôle au faciès et de violence policière raciste.
Avec votre soutien, nous l’accompagnons jusqu’à Strasbourg, devant la Cour européenne des droits humains.
Une victoire ne signifierait pas seulement un pas vers la justice pour Wilson A., mais aurait également des conséquences concrètes pour la jurisprudence suisse, tout en renforçant les personnes touchées par les contrôles au faciès, la violence policière et le racisme institutionnel.
L’attaque est particulièrement dangereuse : coups de matraque ciblés, coups de genou dans le ventre et la poitrine — alors que Wilson venait de subir une opération du cœur — ainsi que des prises d’étranglement l’empêchant de respirer. Wilson subit également de graves blessures au cou, à la colonne vertébrale et au genou, certaines entraînant des séquelles durables. Son ami B. reste, lui aussi, profondément traumatisé.
La procureure de la section « Enquêtes spéciales » fait tout pour éviter que les policier·ère·s aient à répondre de leurs actes. Par deux fois, elle tente de classer l’affaire. Bien qu’elle échoue une fois devant le Tribunal cantonal et une fois devant le Tribunal fédéral, elle continue à refuser toute mesure d’instruction sérieuse susceptible d’incriminer les agent·e·s.
L’acte d’accusation qu’elle finit par rédiger, à contrecœur, se limite à des soupçons vagues d’abus d’autorité et de simples lésions corporelles — et non à une mise en danger de la vie ou à une violation de l’interdiction de discrimination. Toutes les demandes de preuves déposées par l’avocat de Wilson A., notamment des expertises médicales indépendantes, sont rejetées. Ainsi, le tribunal peut affirmer qu’il n’est pas prouvé que Wilson A. a été exposé à une violence mettant sa vie en danger.
En 2018, soit 8 ans et demi après les faits, la procureure requiert l’acquittement devant le tribunal de district ; le tribunal la suit et acquitte les agent·e·s. Wilson A. fait recours.
Il faut encore six ans pour que l’affaire soit portée devant le Tribunal cantonal. Bien que la mise en danger de la vie soit désormais retenue, le tribunal rejette toutes les demandes de preuves, renonce à auditionner les témoins et acquitte à nouveau le chef de groupe de la police.
En octobre 2025, le Tribunal fédéral se limite finalement à critiquer la durée excessive de la procédure, les tentatives de classement ainsi que l’audition tardive du témoin direct. Pour le reste, il reprend largement la version des représentant·e·s de la police et nie le caractère raciste tant du contrôle que de la violence policière excessive.
L’objectif est double : obtenir une forme de justice pour Wilson A., et protéger les potentielles futures victimes de violence policière raciste et de racisme institutionnel en Suisse.
Wilson A. dit :
« I want to make a voice for the voiceless »
(Je veux donner une voix à celles et ceux qui n’en ont pas.)
Pour les policier·ère·s, la couleur de peau de Wilson A. suffisait comme « motif » de contrôle, et sa question légitime a été interprétée comme une provocation justifiant une violence extrême.
La procédure judiciaire au long cours a reproduit cette injustice : l’interdiction de discriminer a été violée une seconde fois, les récits des deux personnes concernées n’ont jamais été pris au sérieux, et toutes les demandes de preuves ont été rejetées sans justification.
Nous saisissons la Cour européenne des droits humains parce qu’aucune juridiction suisse ne s’est penchée sur la question du racisme. Nous espérons que la Cour donnera raison à Wilson A. et contraindra la Suisse à agir contre les structures racistes existantes à différents niveaux, en particulier au sein de la police et de la justice.
Avec votre aide, nous pouvons y parvenir. Merci !
L’Alliance contre le profilage racial s’engage depuis 2015 contre le racisme au sein de la police, de la justice et d’autres institutions, et sensibilise aux causes structurelles de ce phénomène dans la société. Elle soutient des initiatives antiracistes locales, transmet des connaissances critiques sur le racisme à travers ses publications et accompagne les personnes concernées par des procédures juridiques stratégiques – si nécessaire jusqu’à la Cour européenne des droits humains.
Professeure de piano, restauratrice-conservatrice d'art moderne & correctrice et éditrice de formation, imprimeuse en activité, future contrôleuse de champignons, et engagée depuis toujours pour la justice sociale.
Juriste spécialisé dans le droit antidiscrimination, pendulaire entre Berne, Saint-Gall et Le Caire, engagé dans les procédures stratégiques pour une démocratie pour tou·te·s.
Claudia Wilopo est membre de l’Alliance contre le profilage racial depuis 2015. Elle mène des recherches sur l’asile, la migration, la police, le profilage racial et le racisme dans une perspective intersectionnelle. Elle est active dans plusieurs projets antiracistes et féministes à Zurich.
Tino Plümecke mène des recherches et enseigne sur la discrimination et le racisme, a participé au groupe de recherche sur le racial profiling en Suisse et travaille également pour l’association biorespect.





